Yaoundé, Cameroun — À moins de deux mois de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre, le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), principale organisation patronale du pays, sort de sa réserve et interpelle les candidats en lice. Dans un message solennel publié ce lundi, son président, Célestin Tawamba, appelle à un « indispensable sursaut collectif » pour sortir le pays d’un modèle économique qu’il juge « à bout de souffle ».
Alors que le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat, et que onze autres candidats sont officiellement en course, le patronat camerounais réclame une rupture nette avec les pratiques actuelles et une prise en compte urgente des besoins du secteur privé.
Une économie en panne de réformes
Dans son appel, Célestin Tawamba dresse un constat sévère : infrastructures insuffisantes, délestages chroniques, instabilité réglementaire, lourdeur administrative, pression fiscale excessive… Autant d’obstacles qui freinent l’investissement et découragent les entrepreneurs. « Les progrès vers les objectifs fixés par les autorités accusent un retard préoccupant », écrit-il.
Sans nommer explicitement la corruption, le président du GECAM évoque la « persistance de pratiques corruptives » qui minent la confiance des acteurs économiques. Il insiste sur la nécessité de garantir « visibilité, sécurité juridique et stabilité » pour permettre aux entreprises de se projeter et de contribuer pleinement au développement du pays.
Un appel à la responsabilité des candidats
Le message du GECAM s’adresse directement aux candidats à la présidentielle, dont plusieurs n’ont pas encore dévoilé leurs programmes économiques. Pour Tawamba, quel que soit le vainqueur du scrutin, celui-ci devra incarner une rupture. « La présidentielle d’octobre doit marquer une nouvelle étape, fondée sur l’écoute des forces productives et la mise en œuvre de réformes structurelles. »
Il exhorte les futurs dirigeants à instaurer un climat de confiance, condition sine qua non pour attirer les investissements nationaux et internationaux. « Il est essentiel d’avoir la confiance des agents économiques dans un cadre institutionnel démocratique », souligne-t-il.
Le rôle du secteur privé dans la relance
Au-delà de l’interpellation politique, l’appel du GECAM vise aussi à mobiliser les acteurs économiques eux-mêmes. Tawamba invite les « capitaines d’industrie, commerçants, entrepreneurs » à ne pas céder au découragement, malgré les difficultés. Il les appelle à se préparer à jouer un rôle central dans la relance du pays, en innovant, en créant de l’emploi et en défendant une vision ambitieuse de l’économie camerounaise.
« Le secteur privé est un moteur de croissance, mais il ne peut fonctionner sans carburant institutionnel », confie un économiste basé à Douala. « Ce que demande le GECAM, c’est un pacte de confiance entre l’État et les entreprises. »
Un scrutin sous surveillance
Enfin, Célestin Tawamba conclut son message par une mise en garde implicite : pour que le Cameroun retrouve le chemin de la prospérité, il faut garantir un scrutin transparent. « Seul véritable gage de crédibilité, confiance et paix durable », écrit-il. Une manière de rappeler que la stabilité politique est indissociable de la performance économique.
Alors que le pays traverse une période de forte incertitude, entre tensions sociales, défis sécuritaires et ralentissement économique, l’appel du patronat camerounais résonne comme une alerte. Et peut-être comme une opportunité : celle de refonder le contrat entre l’État et les forces vives du pays.
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